Guest-Blogueuse : Anne Emanuelle ZAMEO
Jeune
Martiniquaise de 26 ans, je suis diplômée de l’EGC Martinique, et responsable
production-développement dans une agence conseil en communication : CibleS
– Les Agences Associées, depuis 2007. Passionnée par la
communication, l’économie, le tourisme et la politique, j’aime pousser la
réflexion et développer des idées autour de ces thèmes. Je crois en
l’avenir de la Martinique, je pense juste que l’on a besoin d’une prise de
conscience. Gandhi
disait : « Tout ce que nous
faisons n’a aucune importance. Mais il est important que nous le fassions, car
personnes d’autre ne le fera à notre place ». Alors j’ose développer
et exposer mes idées, et surtout les confronter aux avis différents et
contre-arguments, car c’est de la confrontation d’idées que naît la synergie,
voire le génie ! Aller sur son site : www.com-une-idee.over-blog.com
Suivez la sur twitter :
@aezameo
En novembre
dernier, les agences AACC Caraïbes (association des agences conseil en
communication) ont organisé une conférence dans le cadre de la journée de la
pub, animée par le président national de l’AACC, Frédéric WINCKLER, sous le
thème : « Des marques qui en ont ». Lors de son
intervention, M. WINCKLER a exposé les 3 notions à développer afin de
déterminer et communiquer sur une marque. Le « what » : de quoi
parle-t-on ? Le « how » : comment cela fonctionne ? Et le « why » : pourquoi est-ce que l’on crée, développe, et
vend cette marque (ce produit) ? Plusieurs grandes
marques ont été prises à titre d’exemple pour étayer cette méthodologie
appliquée : Apple, google, Nike… Puis la question finit par lui demander si ces différents points abordés
précédemment étaient applicables en Martinique ? Selon lui, la Martinique peut-être considérée comme un produit, ou mieux, une marque. Le
problème c’est que l’on n’a pas trouvé notre « why ». M. WINCKLER est
même allé plus loin : on sait ce que nous ne sommes pas, mais sommes
presque incapables de dire ce que nous sommes.
Et si la
Martinique trouvait son « why » ?
Que
sommes-nous ? Une île, parmi d’autres, dans le bassin caribéen, dont la
langue officielle est le français, avec un climat tropical, du soleil toute
l’année, de plages et des forêts. Allons plus
loin : nous sommes une île avec une histoire forte, riche et chargée, très
intéressante et des paysages uniques : le morne Larcher, la Montagne
Pelée, le Rocher du Diamant, la Caravelle… Certains diront
que nous devrions arrêter de nous prendre pour le centre du monde. Reconnaissons
tout de même que la structure même de nos paysages, la différence qui existe
entre le Nord et le Sud de l’île, le métissage de notre population… rendent des îles comme la Martinique, la Guadeloupe au nord ou Sainte-Lucie plus au sud sinon uniques, au moins exceptionnel.
Une fois que nous
comprenons cela, pourquoi
vendrions-nous la Martinique ? Pourquoi quelqu’un choisirait la Martinique pour
ses vacances plutôt qu’une autre destination « soleil » ? Qui suis-je à
part une jeune martiniquaise qui aime son île, qui veut y vivre et la voir se
développer. Je n’ai pas la prétention d’avoir la ou les réponses, mais il existe tant d’anecdotes sur notre histoire, de manifestations
culturelles et musicales organisées sur l’île, de produits artisanaux fabriqués
localement dans le respect de la tradition ou dans l’innovation, de restaurants
et bars situés au bord de la mer, de personnes créant des entreprises et
activités dans le domaine du loisir, de « sié dam bonjou ! »
formulés une fois entré dans un lieu public, de sourires accueillant des personnes
ayant l’envie et le plaisir de faire découvrir la Martinique à travers des
choses simples comme le délice d’une canne dégustée, le rituel du ti-punch
(rappelons que notre rhum est l’un des meilleurs, sinon le meilleur du monde)
ou encore de notre merveilleuse façon de transformer nos fruits locaux en
friandises, jus, nectars et sirops glacés ?... En fait, il s’agit de tout
ce qui fait qu’il fait bon vivre en Martinique et que nous aimons notre île
(malgré les points négatifs que l’on pourrait soulever). Nous avons tant
de choses à partager, tant de choses à valoriser, qu’il serait facile de
trouver les « why » de la Martinique. Il sera en revanche plus
complexe de trouver une réponse unique, un seul axe, englobant tous nos
avantages concurrentiels, le tout dans une synergie certaine. C’est pourtant
vital, tout d’abord pour nous-mêmes, peuple Martiniquais .
Alors, trouver le
« why » de la Martinique, et si on s’y mettait ? Tous.